Le palais Thai Hoa
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La Cité Impériale de Hué

La Citadelle

La citadelle (Kinh Thanh) est ceinte de douves sur un périmètre de 10 km. On doit sa construction, entamée en 1804, à l'empereur Gia Long, qui fit choisir le site par des géomanciens. Les remparts construits sur le modèle des fortifica­tions de Vauban, furent consolidés par un écran de brique de 2 m d’épaisseur au début du XIXe siècle.

L'empereur gouvernait depuis la cité impériale (Dai Noi ou Hoang Thanh), elle aussi protégée par des murs de 6 m de haut, à laquelle on accédait par quatre portes, la plus célèbre étant la porte Ngo Mon. Elle comprend entre autres, le palais de la Suprême Harmonie (Dien Thai Hoa), le Cavalier du Roi (Ky Dai) et le temple de culte des rois Nguyen (The Mieu). Au cœur, la Cité pourpre interdite abritait les appartements impériaux.

La tour du Drapeau

Egalement appelée "le Cavalier du roi", la tour du Drapeau (Cot Co) est surmontée d'un mât de drapeau haut de 37 m. Installé en 1809 puis prolongé en 1831, le mât fut abattu par le terrible typhon qui ravagea la ville en 1904. Reconstruite en 1915, la tour fut à nouveau détruite en 1947. Celle que nous voyons aujourd'hui date de 1949. En 1968, le Vietcong y fit flotter le drapeau du Front national de libé­ration pendant vingt-cinq jours.

Les neuf canons sacrés

Situés à l'inté­rieur de la citadelle, à proximité des portes donnant sur la tour du Drapeau, les neufs canons jouaient le rôle de défenseurs symboliques du palais et du royaume, bien qu’ils n’aient jamais été utilisés. Ils ont été fondus en 1804 à partir d'objets de cuivre dérobés aux rebelles Tay Son. D’une taille de 5 m chacun, leur gueule mesure 23 cm de dia­mètre. Quatre canons près de la porte Ngan symbolisent les quatre saisons, et cinq autres à côté de la porte Quang Duc représentent les cinq éléments - le métal, le bois, l'eau, le feu et la terre.

La Porte Ngo Mon

Ngo Mon est la porte principale de la ville impériale de Huê, devant le palais de la Suprême Harmonie (Thai Hoa) et face à la tour du Drapeau.

Historiquement, quand le roi Gia Long bâtit la Cité impériale en l’an 1804, il érigea à l’actuel emplacement de la Porte Ngo Mon, une plate-forme nommée Nam Khuyet, avant de donner l’ordre en 1806 d’élever sur la plate-forme du Sud (Nam Khuyet Dai) le Palais de Can Nguyen. Celui-ci palais fut totalement démantelé un trentaine d’années plus tard par le roi Minh Mang, qui fit rebâtir à la même place, le Palais de Can Thanh et aménager la plate-forme Nam Khuyet de la porte Ngo Mon.

La porte est surmontée du belvédère des Cinq Phénix (Ngu Phung), sur lequel l'empereur apparaissait lors des grandes occasions, telle la publication du calendrier lunaire. C'est sur ce même belvédère que Bao Dai, dernier souverain de la dynastie des Nguyen, abdiqua le 30 août 1945 devant une délégation du gouvernement révolutionnaire provisoire de Ho Chi Minh.

La construction présente une forme en U divisée en deux parties, inférieure et supérieure. La partie inférieure est une plate forme réalisée en briques, en pierres "Thanh" et avec de pierres importées de la province de Quang Nam. La partie supérieure, beaucoup plus légère, est entièrement faite de bois avec une couverture de tuiles. On y accède par deux escaliers. La porte principale, la porte de Ngo Mon réservée au roi, est pavée de pierres "Thanh" tintées en jaune. De chaque côté, les portes de Gauche et de Droite sont réservées aux mandarins civils et militaires. La partie supérieure, le pavillon de Ngu Phung avec les 2 ailes supplémentaires semble former, vues du ciel, 5 phénix aux ailes déployées et aux becs entrelacés. La toiture du pavillon central est couverte de tuiles jaunes "luu ly", les autres de tuiles bleues "luu ly". La décoration est d’une extrême finesse : dragons courant sur les bordures des toitures sont ornés de décorations de dragons, chauve-souris portant des pièces d’or dans la bouche, gravure de d’abricotiers en fleurs, d’orchidées, de chrysanthèmes incrustées de porcelaine de couleur…

À l’étage supérieur du pavillon, la reine et les femmes du roi vivaient dans des salles cloisonnées de bois, et n’étaient autorisées à regarder à l’extérieur qu’à travers des fenêtres dissimulées derrière des stores, empêchant quiconque de les apercevoir.

L’étage inférieur restait généralement vacant, à l’exception des jours de cérémonie. Le roi trônait devant un gros tambour, que l’on utilisait chaque jour pour sonner l’ouverture et la fermeture de la Citadelle, ainsi que des cloches. Quand retentissait le tambour à la porte Ngo Mon, tonnaient les canons de la tour au Drapeau… Signal d’ouverture et de fermeture des portes pour la garde.

Le palais de la Suprême Harmonie

Le palais de la Suprême Harmonie, où étaient organisées les grandes cérémonies, se situe sur l’axe central de la Citadelle et de la porte Ngo Mon.

L’origine de sa construction remonte à 1805, sous le règne de Gia Long qui y organisa la cérémonie officielle de son avènement en 1806. Alors légèrement en retrait par rapport à sa situation actuelle, il fut déplacé à son emplacement actuel en 1933 par le roi Minh Mang, et installé sur un terrain surélevé. Longue de 44 m, large de 30,50 m et haute de 11,80 m, la construction comprend une partie centrale de 5 pièces et 2 appentis, ainsi qu’une autre partie divisée en 7 pièces et 2 appentis.

Ce grand palais aux colonnes rouges et dorées de dragons, comporte dans sa partie centrale un large panneau sur lequel on peut lire l’inscription Thai Hoa Dien (Palais de la Suprême Harmonie). Au fond en haut d’une estrade composée de trois marches, domine le trône du roi, à l’abri d’un baldaquin de dentelles dorées et brodées de dragons. Au centre du toit en tuiles vernissées jaunes, deux dragons jouent avec la lune. De manière à encore embellir le palais, le roi Minh Mang ordonna en 1839 que soient repeintes en rouge et dorées toutes les parties en bois. Plus tard, en 1894, le roi Thanh Thai fit daller le sol de carreaux de couleur.

Devant le palais, s’étend l’esplanade des Grandes Salutations (Cour Dai Trieu Nghi) avec son dallage de granit Thanh, et ses deux niveaux supérieurs réservés aux mandarins civils et militaires. De chaque côté de l’esplanade dépassent de petits écriteaux stèles indiquant la place attribuée aux mandarins. Au fond de la cour, près du pont Trung Dao, une nouvelle cour était réservée aux patriarches des villages qui souhaitaient assister aux grandes cérémonies.

Le palais de la Suprême Harmonie était réservé aux grandes cérémonies solennelle : avènement royal, choix du prince héritier, accueil d’ambassadeurs, grandes audiences… Avaient le début de ces audiences, qui se tenaient deux fois par mois, le roi était coiffé du chapeau Cuu Long aux neuf dragons, et portait une tunique jaune attachée par une grande ceinture. Tenant dans la main de l’encens parfumé, il s’asseyait sur le trône. L’assistance était alors réduite aux grands mandarins, ducs et princes, tandis que les autres patientaient dehors, dans la cour, chacun à sa place. Les grandes audiences débutaient très tôt et devaient s’achever avant le lever du soleil.

Les salles des mandarins

Dans ces bâti­ments, restaurés en 1977, les mandarins se préparaient pour les cérémonies impériales tenues dans la salle de réception Can Chanh. Les salles se trouvent derrière le palais de l'Harmonie suprême, de part et d'autre d'une cour dans laquelle se tiennent deux gigantesques trônes de bronze (vac dong) du XVIIè siècle.

Les neuf urnes dynastiques

Coulées en 1835 et 1836, les neuf urnes (dinh) retracent à travers leur ornementation, les événements de la vie des souverains de la dynastie des Nguyen. Les motifs ciselés, certains sont d'origine chinoise, représentent le soleil, des montagnes, des fleuves… Haut de 2 m pour un poids de 1 900 à 2 600 kilos, les dinh sont le symbole de la puissance et la stabilité de la dynastie de Nguyen.

La Cité pourpre interdite

Construite en 1804 dans les premières années du règne de l'empereur Gia Long, la cité s'appela d'abord Cung Thanh avant qu’on ne lui donne son nom actuel en 1822. Elle communique avec la ville impériale par sept barrières, était réservée à l'usage personnel de l'empereur. La Cité pourpre interdite (Tu Cam Thanh) ne pou­vait accueillir que les eunuques, car ils ne représentaient aucune menace pour la vertu des concubines royales.

La ville interdite abrite différentes œuvres architecturales qui sont entre autres le palais Can Chanh, Ta Huu Vu (originalement appelés pavillons de l'Est et de l'Ouest), le palais Can Thanh, la résidence Khon Thai, le palais Kien Trung le belvédère de la Lecture (ou pavillon des Archives) et le théâtre Royal.

La bibliothèque royale (Thai Binh Lau) constituée de deux étages, a été partiellement restaurée. Non loin de là se dressent les restes du Théâtre royal (Duyen Thi Duong), dont la construction démarra en 1826 et qui fut, plus tard, reconverti en Conservatoire national de musique.

Le Pavillon de la Splendeur

Au centre de la cour du temple dynastique, se tient l’élégant pavillon de la Splendeur. Construit sur un terrain rectangulaire en 1821, sous le règne de Minh Mang, ce pavillon de 21 m de long sur 13 m de large présente deux étages. Le premier étage, tout comme le rez-de-chaussée, est divisé en trois pièces, tandis qu’une seule salle occupe tout le deuxième. Des briques de Bat Trang couvrent le sol du rez-de-chaussée. L’intérieur est sculpté de fins motifs de fleurs, de lianes ou d’animaux. Devant et derrière, deux escaliers donnent sur la cour du temple dynastique.

Le pavillon de la Splendeur a été construit en l’honneur de tous ceux qui ont soutenu les Nguyên dans l’établissement de leur dynastie. Le temple dynastique est dédié aux rois, et les pavillons Ta Huu et Tung Tu qui jouxtent le pavillon de la Splendeur, sont en hommage aux mandarins. Par égard pour sa signification divine, les rois de la dynastie des Nguyên interdirent que soit érigé au sein de la citadelle, des constructions qui dépassent en hauteur le pavillon de la Splendeur.

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