Cát Bà : développement et préservation de la biosphère

L'archipel de Cát Bà (Nord) vient d'être classé "réserve mondiale de biosphère" (*). Cát Bà, qui est un site touristique très attrayant, doit désormais se préoccuper aussi de la protection environnementale.


L'archipel Cát Bà (relevant de la ville de Hai Phong) constitue un véritable réservoir génétique du golf du Bac Bô , avec sa zone de préservation de la biosphère rassemblant différents systèmes écologiques : mangrove, forêt tropicale sur la montagne carbonate, récif corallien, système de grottes de Tung Ang… Conscients de la pureté de ce joyau naturel, les autorités locales, les ministères, les scientifiques, la population, le gouvernement, ont oeuvré de concert pour le classement de Cát Bà, en avril dernier, en zone de préservation de la biosphère mondiale par l'UNESCO. Voilà un titre qui crée des opportunités, mais aussi des défis.


C'est la 3e réserve mondiale de biosphère du Vietnam, reconnue par l'UNESCO. Cát Bà est très différent des deux autres réserves de biosphère du pays. Cân Gio (Hô Chi Minh-Ville) abrite des mangroves et Cát Tiên est une vaste forêt qui s'étend sur les trois provinces de Binh Duong, Binh Phuoc et Lâm Dông. Cát Bà réunit des forêts tropicales sur des îles karstiques, des mangroves, des récifs coralliens, des tapis d'algues et des grottes.


Sur 26.240 hectares d'espaces maritime et terrestre, Cát Bà recèle une biosphère d'une infinie richesse répartie entre la zone noyau, la zone tampon et la zone de transition. Plus de 2.300 espèces d'animaux et d'arbres y ont été répertoriées dont une soixantaine considérées comme endémiques, et inscrites dans le "Livre rouge" du Vietnam.. On trouve notamment le Trachypithecus polioce-phalus, une espèce de primate à tête blanche, dont il ne reste qu'une cinquantaine d'individus dans cette région. Depuis 2000, l'organisation internationale de recherche sur la faune et la flore FFI (Fauna and Flora International) a accordé des aides financières et techniques pour renforcer la protection des animaux menacés. "Ces primates de Cát Bà vivent en sept groupes séparés. Leur taux de fécondité est donc faible. Nous étudions différentes solutions pour qu'ils puissent se rencontrer", indique le docteur Rosi Stenke, directrice du projet de protection des primates à tête blanche, dans le parc national de Cát Bà.


Après les honneurs, les responsabilités… Pour Haiphong, la plus importante mission sera de protéger cette biodiversité, en alliant l'exploitation du site à sa stricte préservation. La participation de l'ensemble de la communauté constitue sans conteste la clé de voûte du dispositif de protection. Ainsi, tout un train de mesures sera déployé. Parmi les mesures phares : le déplacement hors de la zone tampon de toute activité nuisible à sa préservation ; la concentration des projets de développement communautaire rural dans la zone de transition ; la sensibilisation et la formation de la population rurale intervenant dans les secteurs du tourisme ou de la pêche… Les régions voisines de Cát Bà deviendront pour leur part un point d'appui dans la préservation de la zone, comme pour le développement durable de la région.


Dans le cadre de l'exploitation de l'archipel, les programmes de développement socio-économiques seront examinés au regard des exigences de préservation de chaque sub-région de la zone; les projets touristiques seront déployés dans les régions voisines pour permettre l'accès à la zone ; le développement d'activités complémentaires sera facilité : élevage d'espèces aquatiques vivant dans les eaux saumâtres pour la régénération du système écologique de la mangrove, élevage d'espèces maritimes liées à la vie du récif corallien, contrôle de la qualité environnementale…"Les réglementations internationales de la Zone de Préservation de Biosphère Mondiale (ZPBM) seront strictement respectées à Cát Bà", souligne Nguyên Van Thành, vice-président du Comité populaire de Hai Phong.


500.000 touristes cette année

Avec 366 îles situées dans les baies d'Ha Long et de Lan Ha, Cát Bà dispose de très nombreuses plages. Le climat favorable et la biodiversité abondante constituent également deux aspects attrayants de l'archipel. Le tourisme s'est donc beaucoup développé ces dernières années. En 2004, Cát Bà a accueilli environ 400.000 touristes, dont un tiers venu de l'étranger. Des centaines d'hôtels et de restaurants ont été construits. Dans un proche avenir, des zones de villégiature, de petite et moyenne envergures, seront créées pour favoriser l'écotourisme. "Le nombre de voyageurs devrait atteindre 500.000 cette année. L'important est d'augmenter la qualité des services", souligne Nguyên Van Thành. Le revers de la médaille, c'est le risque de pollution environnementale, causée notamment par la construction des infrastructures touristiques et le développement non maîtrisé de l'aquaculture. L'exploitation des bois précieux et la chasse illégale que l'on constate, sont également problématiques. Certaines ressources aquatiques sont aujourd'hui épuisées à cause de la pêche par explosifs. Nguyên Van Thành se veut rassurant et affirme que la gestion étatique de la protection environnementale est désormais renforcée. Les habitants de l'archipel vont être informés des intérêts de la réserve, pour qu'ils coopèrent. "Les projets d'investissement touristique devront être accompagnés d'estimations concrètes de leur impact sur l'environnement, déclare-t-il par ailleurs. Et les projets industriels sont interdits dans le processus de développement de Cát Bà."


Source : Le courrier du Vietnam)

(*)Selon la définition de l'Unesco, une réserve de biosphère est une zone ayant un système écologique soit terrestre soit maritime, ou abritant tous ces deux éléments.( 29/05/05 )

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